La régulation économique et ses origines dans le contrat de travail

Si le néolibéralisme a marqué de son empreinte la régulation économique, il ne faut pas oublier que l’interventionnisme juridique qui le caractérise a été rendu possible par l’émergence de l’État-providence. C’est ce que met en évidence le sociologue québécois Michel Freitag dans son analyse des totalitarismes. La régulation du marché constitue une politisation de l’économie. Or, cette politisation passe par le droit, qui devient ainsi le vecteur de l’interventionnisme juridique de l’État dans le marché. Cela a été rendu possible notamment par l’émergence du contrat de travail, lequel a fait voler en éclats la croyance idéologique libérale selon laquelle chaque individu allait pouvoir négocier sur le marché dans un rapport d’égalité avec autrui. L’industrialisation et l’émergence du salariat ont permis une première régulation du capitalisme à travers le mouvement ouvrier, puis l’apparition de l’État-providence. Le contrat de travail serait donc le point de départ de la régulation de l’économie. Les néolibéraux, par la suite, vont pouvoir mettre à leur profit l’idée simple que l’État peut intervenir dans l’économie. En effet, il s’agit d’un élément central de la pensée néolibérale, qui s’oppose au libéralisme classique. Le néolibéralisme réfute le non-interventionnisme de l’État dans le marché.

Source : Michel Freitag, Formes de la société. III. Totalitarisme, Montréal, Liber, 2020.

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